C’est ce 12 novembre que débutera cette année la Campagne Bougies d’Amnesty International Belgique francophone, pour se terminer, comme à son habitude, le 10 décembre, Journée internationale des droits humains. Durant cette campagne, ce sont plusieurs milliers de bénévoles, qui se mobilisent, partout en Belgique francophone, afin de vendre un maximum de bougies (mais aussi d’autres articles connexes) au profit des droits humains dans le monde.

« Mieux vaut allumer une bougie que maudire l’obscurité »

En 1961, l’avocat britannique Peter Benenson donnait naissance à Amnesty International. Indigné par l’emprisonnement de deux étudiants portugais pour avoir porté un toast à la liberté, il publie un article intitulé « les prisonniers oubliés » qui rencontrera un écho considérable et sera repris par la presse du monde entier. Amnesty International est née.

Cet article suscitera également bon nombre de lettres et autres offres de service. Parmi ces dernières, une jeune dessinatrice anglaise, Diana Redhouse, suggère à Peter Benenson de créer un emblème. Il pense alors à une bougie entourée de barbelés afin d’illustrer le proverbe chinois « mieux vaut allumer une bougie que maudire l’obscurité ». Diana Redhouse mettra sur papier ce logo, toujours identique à ce jour.

Une campagne essentielle

L’objectif premier de la Campagne Bougies est bien entendu la récolte de fonds. Si l’association suggère à chacune et chacun de poser un geste symbolique en allumant une bougie le 10 décembre, la vente de bougies constitue l’une des principales ressources de l’organisation, compte tenu de son indépendance financière. Concrètement, avec plus de 100.000 bougies vendues chaque année, la campagne ramène environ 600.000 euros dans les caisses d’Amnesty. Cet argent permet au mouvement de mener des actions dans le monde entier. Avec cela, Amnesty International Belgique francophone se place en première place, au niveau mondial, en matière de vente de bougies.

Les enfants-soldats ont besoin de votre flamme

À côté des objectifs financiers, la Campagne Bougies a aussi pour but de sensibiliser l’opinion publique à la défense des droits humains, et plus particulièrement à une thématique précise. Cette année, l’organisation a décidé de mettre en avant le recours aux enfants-soldats dans différentes zones du globe.

Alors qu’ils n’ont pas l’âge de conduire ni de voter, des milliers d’enfants – filles et garçons – sont, encore aujourd’hui, envoyés sur des champs de bataille. En lieu et place d’un stylo, on leur donne une arme et l’enseignement qu’ils reçoivent est celui de la guerre. Privé de leur enfance, ces enfants-soldats demeurent l’un des fléaux les plus importants de notre siècle, en termes de droits humains.

Des milliers d’enfants sont envoyés en première ligne de combats que, souvent, ils ne comprennent pas. Ils sont recrutés par des groupes armés et transformés en chair à canon. Privés de leurs droits fondamentaux, leur vie se transforme alors en véritable enfer. Pions, cuisiniers, esclaves sexuels, soldats, le rôle que l’enfant peut jouer dans un groupe armé se décline de différentes manières. Mais une chose est sûre, alors que leurs bourreaux agissent très souvent en toute impunité (pour un Thomas Lubanga condamné —fort heureusement— par la Cour pénale internationale, combien circulent encore en toute liberté ?), beaucoup de ces jeunes n’en sortent pas vivants.

La grande majorité des Etats du monde ont ratifié les textes internationaux sur le sujet, telle que la Convention internationale des droits de l’enfant. Ils ont dès lors la responsabilité et le devoir de les faire respecter. Mais si certains gouvernements ont fait des efforts dans la lutte contre l’utilisation d’enfants-soldats, d’autres continuent de déroger à leurs engagements.  Il tient alors aux organisations régionales et internationales, aux ONG’s et aux simples citoyens de leur rappeler leurs obligations.

Un meilleur avenir pour les enfants-soldats passe par un combat pour les droits humains, soit la lutte contre la pauvreté, contre l’impunité, contre les violences sexuelles, ou encore contre un commerce incontrôlé des armes.

Une aide concrète d’Amnesty aux enfants-soldats

Outre ses actions de sensibilisation et de pression, Amnesty International Belgique francophone vient également en aide, depuis de nombreuses années, au Bureau pour le Volontariat au service de l’Enfance et de la Santé (BVES). Située à Bukavu, en République démocratique du Congo, cette organisation a aujourd’hui pour mission la protection et la défense des enfants dans le contexte particulier de guerre que traverse le pays. En ce qui concerne les enfants-soldats, le BVES se charge, via un long processus, d’aller les chercher dans les groupes armés (la démobilisation) et de les réintégrer socialement (www.bves-rdc.org).

Grâce à ses fonds, Amnesty International coopère régulièrement avec le BVES. C’est dans ce cadre que, dernièrement,  suite à une collecte de livres opérée par le mouvement, une bibliothèque entière a été installée au BVES, ainsi qu’un cybercafé.

Auprès des jeunes

Si Amnesty International consacre cette année sa Campagne Bougies à la thématique des enfants-soldats, elle en a fait également l’axe de sa Campagne « Jeunes ». Les élèves de nombreuses écoles pourront ainsi être sensibilisés à la thématique – via un dossier pédagogique –, mais aussi agir concrètement – via une « action cartes postales » – contre  le recours aux enfants-soldats en République démocratique du Congo (plus d’informations : jeunes@aibf.be).

Participez à la Campagnes Bougies

Vous désirez signez la pétition contre l’impunité en République démocratique du Congo, acheter une bougie, connaître les points de vente près de chez vous, en vendre à votre entourage, ou encore vous procurer du matériel relatif à cette campagne (affiche, dossier pédagogique, carte postale d’action, etc.) ? Une seule adresse : rendez-vous sur http://www.amnesty.be/campagnebougies

TEMOIGNAGE

« On nous faisait boire du lait mélangé à de la poudre de fusil afin de mieux contrôler nos peurs. Celle-ci nous donnait plus d’énergie et nous donnait plus l’envie de tuer les troupes qui passaient devant nous. (…) Vous vous dites : « j’espère qu’ils vont venir vers moi », et puis, vous chargez et tirez une rafale et vous vous sentez plus fort avec un meilleur moral. »
Un ex-enfant-soldat en Colombie.

 

« Kadogo. Les petits soldats de la paix »

Avec le soutien d’Amnesty International et à partir d’une immersion au sein du BVES, Axel Zeiliger et Julien Kadouri réalisaient, en 2011, un documentaire sur le travail du centre en matière de réhabilitation d’ex enfants-soldats.

Pour plus d’informations : jeunes@aibf.be